Il y a des histoires qui traversent les générations comme des flammes qu'on refuse de laisser s'éteindre. Celle de Zarouhi Bahry en fait partie. Le 24 janvier 2026, son petit-fils Jacques Bahry lui donnera une nouvelle vie lors d'une conférence-présentation à la Cathédrale Sainte-Croix des Arméniens, dans le 3ème arrondissement de Paris.

« Le Roman de ma Vie » n'est pas qu'un simple livre. C'est un pont jeté entre les décombres de 1915 et notre présent, une tentative de redonner souffle aux voix que l'histoire a voulu faire taire. Jacques Bahry a choisi de raconter le parcours de sa grand-mère, survivante du génocide arménien, avec cette urgence particulière qui anime ceux qui savent qu'ils sont les derniers gardiens d'une mémoire vivante.

Une voix qui traverse le siècle

Zarouhi Bahry a connu l'indicible. Les déportations, l'arrachement à sa terre natale, la perte des siens, puis cette longue marche vers l'exil qui a redessiné la carte de la diaspora arménienne. Mais son histoire ne s'arrête pas à la tragédie. Elle parle aussi de cette capacité extraordinaire à se reconstruire, à transmettre malgré tout des valeurs d'humanisme et de fraternité.

À travers l'écriture de son petit-fils, c'est elle qui prend la parole. Jacques Bahry s'efface pour laisser résonner cette voix de femme, témoin d'un siècle de bouleversements. Le livre devient ainsi un acte de résistance contre l'oubli, mais aussi un message d'espoir tourné vers l'avenir.

Un après-midi de mémoire et de partage

La rencontre se tiendra dans la salle paroissiale de la Cathédrale Sainte-Croix, lieu emblématique de la communauté arménienne catholique de Paris. Facilement accessible depuis les stations de métro Filles du Calvaire, Hôtel de Ville ou République, cet espace accueillera tous ceux qui souhaitent honorer ces histoires trop souvent reléguées aux marges de l'histoire officielle.

L'entrée est libre, et Jacques Bahry dédicacera son ouvrage à l'issue de la présentation. L'Association Sainte-Croix des Arméniens Catholiques, organisatrice de l'événement, a prévu un moment convivial autour d'un cocktail, avec du vin offert par Kenats. Une occasion de prolonger les échanges dans une atmosphère chaleureuse, à l'image de cette hospitalité arménienne qui a survécu à tous les exils.

Pourquoi ces témoignages restent essentiels

Plus d'un siècle après le génocide arménien, la transmission de ces récits familiaux prend une dimension particulière. Les derniers témoins directs ont disparu, et c'est désormais aux petits-enfants et arrière-petits-enfants de porter cette mémoire. Jacques Bahry s'inscrit dans cette lignée d'héritiers qui refusent que le silence recouvre les souffrances et les combats de leurs aînés.

Son livre rappelle que derrière les chiffres du génocide – 1,5 million de victimes – il y a des visages, des noms, des destines brisées mais aussi des survivants qui ont su transformer leur douleur en force de vie. Zarouhi fait partie de ces femmes et hommes qui ont reconstruit leur existence sur des terres d'accueil, tout en préservant leur identité arménienne.

Cette présentation du 24 janvier s'annonce comme un moment fort pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire arménienne, mais aussi pour quiconque cherche à comprendre comment les traumatismes collectifs se transmettent et se transforment au fil des générations. C'est une invitation à écouter, à se souvenir, et surtout à ne jamais banaliser ce que l'humanité est capable d'infliger à elle-même.

Rendez-vous donc au 13 rue du Perche, le samedi 24 janvier 2026 à 15h, pour cette rencontre qui promet d'être aussi émouvante qu'essentielle. Parce que certaines histoires méritent d'être entendues, encore et toujours.