Il existe des lieux où l'histoire se raconte autrement, où les mémoires se croisent et où les cultures dialoguent. La Cité Internationale Universitaire de Paris est de ceux-là. Le 6 mai 2026, ses murs accueilleront une soirée particulière, née de la rencontre entre deux communautés unies par une histoire douloureuse et un patrimoine culturel vibrant.
Dans le cadre des commémorations du 24 avril, la Maison de l'Arménie et la Fondation hellénique ont choisi de rendre hommage aux victimes des génocides arménien et grec pontique d'une manière qui leur ressemble : par la beauté de la littérature et la puissance de la musique. Cette soirée à la Cité Universitaire promet d'être bien plus qu'un simple événement culturel.
Corinne Zarzavatdjian et « La roseraie de Garabed »
Au cœur de cette soirée, Corinne Zarzavatdjian présentera son dernier roman « La roseraie de Garabed, un destin arménien ». L'auteure, connue pour sa capacité à tisser les fils de la mémoire arménienne avec une sensibilité rare, nous invite à suivre le parcours d'un destin marqué par l'exil et la résilience. Son écriture, à la fois intime et universelle, donne voix à ces histoires familiales que tant d'Arméniens portent en eux, transmises de génération en génération comme un trésor précieux.
Le choix de présenter ce livre dans le cadre des commémorations du génocide n'est pas anodin. La littérature devient ici un acte de résistance contre l'oubli, un pont entre le passé et le présent, entre la douleur et l'espoir. Zarzavatdjian rejoint ainsi la longue lignée d'écrivains arméniens qui ont fait de leur plume un instrument de mémoire.
Quand la musique unit deux peuples
Mais la soirée ne s'arrêtera pas aux mots. Après la présentation littéraire, un moment musical exceptionnel réunira des musiciens et chanteurs grecs et arméniens, tous résidents de la Cité Universitaire. Ce dialogue musical autour de mélodies et de chants arméniens illustre parfaitement la richesse des échanges culturels qui ont toujours existé entre ces deux peuples méditerranéens.
Les traditions musicales arménienne et grecque partagent bien des similitudes : des modes orientaux, une expressivité émotionnelle intense, et cette capacité unique à transformer la mélancolie en beauté. Entendre ces jeunes artistes interpréter ensemble ce répertoire sera sans doute l'un des moments forts de la soirée, rappelant que la culture est aussi un espace de fraternité et de compréhension mutuelle.
La Cité Universitaire, lieu de mémoire et d'avenir
Le choix de la Fondation hellénique comme lieu d'accueil n'est pas fortuit. La Cité Internationale Universitaire de Paris, avec ses différentes maisons nationales, incarne depuis près d'un siècle cet idéal de dialogue entre les cultures et les nations. C'est un espace où les étudiants du monde entier se côtoient, apprennent les uns des autres, et construisent ensemble un avenir plus ouvert.
Organiser cette soirée dans ce cadre, c'est affirmer que la mémoire des génocides n'est pas seulement une affaire de commémoration, mais aussi un engagement pour l'avenir. C'est transmettre aux jeunes générations, celles qui étudient et vivent à la Cité Universitaire, le devoir de vigilance et la responsabilité de construire un monde où de telles tragédies ne se reproduiront plus.
Informations pratiques
La soirée aura lieu le mercredi 6 mai 2026 à 19h à la Fondation hellénique de la Cité Universitaire de Paris, située au 47 Boulevard Jourdan dans le 14e arrondissement. L'entrée est libre mais l'inscription est obligatoire, témoignant de l'intérêt que suscite déjà cet événement au sein de la communauté.
Cette parenthèse littéraire et musicale s'annonce comme un moment de recueillement et de partage, où la culture devient le langage commun de la mémoire et de l'espérance. Dans une institution qui continue d'inspirer et de rassembler, cette soirée rappellera que l'héritage des peuples arménien et grec pontique est vivant, porté par des artistes et des écrivains qui refusent l'oubli et célèbrent la vie.